dimanche 19 août 2007

Désert


Désert de Jean-Marie Gustave Le Clézio

« La toute jeune Lalla a pour ancêtres les « hommes
bleus « , guerriers du désert saharien. Elle vit dans un bidonville,
mais ne peut les oublier. La puissance de la nature et des légendes, son amour pour le Hartani, un jeune berger muet, une évasion manquée vers
« leur » désert, l’exil à Marseille, tout cela ne peut que durcir son
âme lumineuse. Lalla a beau travailler dans un hôtel de passe, être enceinte,
devenir une cover-girl célèbre, rien n’éteint sa foi religieuse et sa passion du
désert. »

J’ai lu ce roman cet été sur la plage en ayant le temps pour ressentir ce livre. C’est de cela qu’il s’agit dans ce roman : le ressenti. Tout tourne autour de ce qu’aime Lalla : la mer, les promenades dans les dunes autour du bidonville où elle habite, le feux , les histoires de Naman, son ami pêcheur.
Ce n’est pas un roman avec beaucoup d’actions, ni de suspens, mais plutôt une descriptions des liens que Lalla établit entre elle et le désert, alors qu’elle n’y habite plus depuis toute petite. On y trouve donc beaucoup de descriptions sur la nature qui l’entoure, sur les sensations qu’elle cherche en se couchant dans le sable, en se levant très tôt, en se baignant dans la mer, en regardant le feu, les insectes.C’est pour cela qu’il faut avoir le temps et le tranquillité pour se plonger dans l’histoire de cette fille déracinée du désert, pour pouvoir se laisser à son instinct, mettre de côté la rationalité occidentale et ressentir chaque mot.

En parallèle de l’histoire de Lalla on suit aussi le voyage de Nour, jeune touareg qui fuit avec plusieurs tribus l’invasion du désert par les puissances coloniales au début du 20ème siècle. Là aussi on découvre la foi, le désespoir, la force et surtout l’importance de l’instinct dans les marches des touaregs à travers le désert.



« Le vent n’attend pas. Il fait ce qu’il veut, et Lalla est heureuse
quand il est là, même s’il brûle ses yeux et ses oreilles, même s’il jette des
poignées de sable à sa figure. Elle pense à lui souvent , et à la mer
aussi, quand elle est dans la maison obscure, à la Cité, et que l’air est si
lourd et sent si fort ; elle pense au vent, qui est grand, transparent, qui
bondit sans cesse au-dessus de la mer, qui franchit en un instant le désert,
jusqu’aux forêts de cèdres, et qui danse là-bas, au pied des montagnes, au
milieu des oiseaux et des fleurs. »



Jean-Marie Gustave Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940. Issu d'une famille bretonne, britannique et mauricienne, Jean-Marie Gustave Le Clézio garde de ses origines un goût prononcé pour l'errance. Licencié ès Lettres, il publie son premier roman "Le procès-verbal" à l'âge de vingt-trois ans: le livre est aussitôt récompensé du prix Renaudot. Il récidive dans cette voie et, en 1980, le prix Paul Morand lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre. C'est l'année même de la sortie de "Désert", épopée sublime d'une jeune descendante de touaregs, toujours considérée comme son chef-d'oeuvre. Le Clézio a en outre consacré des essais à plusieurs civilisations nomades menacées de disparaître, et avec lesquelles il a parfois partagé son existence (Indiens de Panama, Berbères du Maroc...). Son talent de conteur et son style lumineux hissent cet auteur au rang des figures les plus importantes du paysage littéraire français.

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